PARIS : Présentation du Plan d’action contre le terrorisme par Edouard PHILIPPE

PARIS : Nous publions le discours de M. Édouard PHILIPPE, Premier ministre, relatif à la présentation du Plan d’action contre le terrorisme.

Edouard Philippe

Discours de M. Édouard PHILIPPE, Premier ministre
Présentation du plan d’action contre le terrorisme
Levallois-Perret, le vendredi 13 juillet 2018

Aujourd’hui nous adoptons un nouveau plan d’action contre le terrorisme. Un plan qui se situe dans la continuité de ceux adoptés après les attentats de 2015. La continuité de l’Etat compte en la matière et je veux rendre hommage à ce qui a été fait.
Un plan qui intervient aussi après un an d’action, un an de mobilisation, un an de transformation. Un an de confrontation aussi, car le terrorisme islamiste ne nous a pas épargnés, à Paris, à Marseille, à Trèbes.
C’est de toute cette expérience qu’il faut consolider les acquis, tirer les enseignements, pour donner à notre action contre le terrorisme de nouvelles perspectives.
La menace d’inspiration islamiste demeure particulièrement élevée, vous le savez. L’année 2017 aura été marquée par trois attentats meurtriers et le début de l’année 2018 par deux attaques terroristes. Depuis janvier 2017, 25 attentats ont été déjoués par nos services.
Cette menace a aussi évolué. L’affaiblissement opérationnel de Daech réduit, sans les faire disparaître, les risques d’actions projetées. Mais le défi que représente la menace endogène n’est pas moindre : le caractère meurtrier et en même temps très difficilement prévisible des récents passages à l’acte nous le rappelle. Le terroriste n’est plus téléguidé par des cellules situées en Syrie ; il prend le visage de personnes, parfois de petits délinquants, ou de personnes psychologiquement fragiles, endoctrinées ou auto-radicalisées, qui s’équipent d’un armement sommaire et décident, parfois très rapidement, de passer à l’acte. Ils ne sont pas plus faciles à détecter et nous conduisent à adapter notre dispositif.
Nous devons enfin nous préparer à faire face à un nouveau défi : celui des détenus terroristes et de la radicalisation en milieu carcéral. Au 1er juin 2018, les prisons françaises comptaient 506 individus détenus pour actes de terrorisme et 1 109 prisonniers de droit commun identifiés comme radicalisés. 450 d’entre eux devraient être libérés d’ici fin 2019. Certains représentent encore une menace, même à l’issue de leur incarcération, et doivent évidemment faire l’objet d’un suivi renforcé.
Dès sa prise de fonction, le Président de la République a voulu renforcer notre capacité à faire face à cette menace, en agissant à la fois sur notre organisation, sur nos instruments juridiques, sur nos moyens et sur nos méthodes.
Le 14 juin 2017, deux décrets ont transformé la coordination nationale du renseignement en coordination nationale du renseignement et de la lutte contre le terrorisme. Dans le même temps était décidée la fusion de l’état-major opérationnel de prévention du terrorisme (EMOPT) et de l’unité de coordination de la lutte anti-terroriste (UCLAT).
Le 22 juin 2017, nous avons présenté le projet de loi renforçant la sécurité intérieure et la lutte contre le terrorisme, promulguée le 30 octobre. Cette loi a permis de mettre fin à l’état d’urgence, en inscrivant dans notre droit permanent des outils comme les mesures
individuelles de contrôle administratif et de surveillance, les périmètres de protection, la fermeture des lieux de culte. Ce sont des outils pragmatiques, ciblés sur la prévention d’actes de terrorisme, et encadrés par des garanties spécifiques.
Parallèlement, la publication en août 2017 d’un ensemble de décrets permet la consultation simultanée et automatisée, dans le cadre d’enquêtes de sécurité, de sept fichiers de police ou de gendarmerie.
S’agissant des moyens, le renforcement des services en charge de la lutte anti-terroriste a été confirmé à hauteur de 1900 emplois sur le quinquennat.
Nous nous sommes enfin engagés dans une démarche de renforcement continu de nos méthodes, en particulier s’agissant du suivi des individus radicalisés, c’est-à-dire de la dizaine de milliers de personnes qui, inscrites au FSPRT, font l’objet d’un suivi ponctuel, régulier ou continu. Nous mettons ainsi en œuvre des actions ciblées en matière de lutte contre la détention d’armes à feu, de détection et de suivi des individus présentant une fragilité psychiatrique, de systématisation des mesures d’éloignement.
Dans la lutte contre le terrorisme, il ne peut y avoir qu’une école : celle de la vigilance permanente, celle de la rigueur constante, celle de l’amélioration continue. C’est cette démarche d’amélioration continue que traduit ce nouveau plan.
Parce que la menace est diffuse et mouvante, notre dispositif de détection, d’entrave, de répression et de protection doit s’appuyer sur l’ensemble des services, depuis le sommet de notre appareil de renseignement jusqu’aux policiers et aux gendarmes du quotidien qui se trouvent en première ligne face aux attaques.. Il doit utiliser l’ensemble des outils, les techniques de renseignement les plus modernes, les méthodes de profilage les plus systématiques, mais aussi la vigilance de chacun. Face à la menace terroriste, c’est toute la puissance de l’Etat qui doit être mobilisée. Rien ne doit être laissé de côté.
Le plan que je vous présente aujourd’hui établit clairement les responsabilités de chaque acteur :
– au coordonnateur national du renseignement et de la lutte contre le terrorisme, un rôle de coordination stratégique, de renforcement du partage d’informations, et de développement de la coopération européenne et internationale.
– à la direction générale de la sécurité intérieure, le rôle de chef de file opérationnel de la lutte anti-terroriste sur le territoire national ; et nous sommes en train de renforcer encore, au sein de la DGSI, les structures de veille, d’alerte et de coordination, dans lesquelles sont
représentés tous les autres services.
– au secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale, enfin, la mission de veiller à l’adaptation permanente des postures de protection aux évolutions de la menace : c’est ce que traduisent les nouveaux plans de la « famille PIRATE », depuis le plan PIRANET approuvé en juin 2017 jusqu’au plan PIRATE – mobilités terrestres qui le sera cet été. Le dispositif Sentinelle a également été revu afin de lui donner une plus grande efficacité et une plus grande mobilité.
L’articulation entre la coordination nationale et la chaîne territoriale est également renforcée.
Lors de mon déplacement à TOULOUSE au début du mois de juin, j’ai participé à un groupe d’évaluation départemental (GED). Ces groupes, qui existent depuis juillet 2015, réunissent dans chaque département, sous l’autorité du préfet et en présence du procureur de la République, tous les services concernés : renseignement territorial, sécurité intérieure, police judiciaire, gendarmerie nationale, administration pénitentiaire, etc. Ils s’appuient sur un outil commun, le fichier des signalements pour la prévention de la radicalisation à caractère terroriste (FSPRT).
Les GED jouent un rôle central dans notre dispositif. Nous avons donc décidé de renforcer leur pilotage. Les réunions de coordination regroupant l’ensemble des préfets de zone se tiennent désormais tous les quinze jours. Leur objectif est de renforcer l’exhaustivité et la
fiabilité des informations contenues par le FSPRT, et d’assurer une mise en œuvre homogène des instructions données par le ministre d’Etat.
Nous veillerons aussi à associer les maires à ce travail de prévention. Dans le cadre de conventions entre le préfet, le procureur et les maires, des informations à caractère confidentiel peuvent être échangées afin que chacun puisse contribuer à abaisser le niveau de menaces et à améliorer la détection des signaux de terrain.
Pour poursuivre cette dynamique, le plan d’action contre le terrorisme identifie cinq axes prioritaires.
Le premier axe est celui de la connaissance. Nous devons mieux identifier et comprendre la menace terroriste et ses évolutions. C’est d’autant plus nécessaire qu’elle est désormais diffuse et protéiforme. La CNR-LT a été chargée de concevoir et de mettre en œuvre une
méthode de retour d’expériences qui porte non plus seulement sur les attentats réussis, mais également sur les actions déjouées ou échouées. Nous avons décidé en outre de créer une cellule de profilage des auteurs d’attaques terroristes et d’identification des facteurs de passage à l’acte.
Le deuxième axe est celui de l’entrave. Nous ne devons négliger aucun moyen d’empêcher les passages à l’acte sur le territoire.
Nous renforçons nos instruments de veille et de suivi sur certaines situations particulièrement sensibles. Ce sera en particulier le cas pour les détenus terroristes ou les détenus de droit commun radicalisés en fin de peine. Une cellule spécifique, placée au sein de l’UCLAT et associant le renseignement pénitentiaire, en assurera le suivi.
Nous allons également renforcer le suivi des personnes placées sous contrôle judiciaire. Le recours à l’assignation à résidence sous surveillance électronique mobile sera facilité.
Par ailleurs, le non-respect du contrôle judiciaire par les personnes mises en examen pour faits de terrorisme doit entraîner une réponse judiciaire systématique. D’ici au mois de septembre, une instruction interministérielle sera adressée aux procureurs de la République, aux services pénitentiaires et à l’ensemble des services d’enquêtes et de renseignements afin de sécuriser le partage d’information en cas d’incident dans le respect des mesures de contrôle judiciaire.
Le troisième axe est celui de la protection. L’objectif est d’accroître le niveau de vigilance de l’ensemble des acteurs de la société, qu’ils soient publics ou privés, et de les impliquer davantage, à tous les niveaux et dans tous les secteurs, afin de contribuer directement à la lutte contre le terrorisme et à la résilience de la Nation.
Les enquêtes administratives de sécurité permettent de renforcer la sécurisation de l’accès à des lieux ou des fonctions sensibles. Le service national d’enquêtes administratives et de sécurité (SNEAS) sera en mesure, à l’horizon 2019, d’effectuer chaque année environ 800 000 enquêtes ou « criblages », lors du recrutement dans les professions de souveraineté nationale, des habilitations au secret de la défense nationale, de l’organisation de grands événements et des emplois dans le domaine des transports.
Nous devons aussi saisir les opportunités offertes par les technologies de la sécurité et par l’intelligence artificielle, tout en inscrivant leur développement dans le cadre protecteur des libertés individuelles auquel nous sommes collectivement attachés. J’ai chargé le préfet
Renaud VEDEL, actuellement coordonnateur pour l’intelligence artificielle au ministère de l’intérieur, de faire au Gouvernement des propositions d’ici à la fin de l’année 2018.
Le quatrième axe est celui de la répression. Je confirme la création d’un parquet national antiterroriste qui permettra de renforcer encore l’action publique dans la lutte contre le terrorisme.
L’activité anti-terroriste a en effet pris une part prépondérante de l’activité du procureur de Paris. Cette mission nécessite une présence forte et incarnée : elle a aujourd’hui le visage de François MOLINS, que les Français ont appris à connaître dans des circonstances toujours dramatiques et auquel je veux rendre hommage, ainsi qu’à ses équipes. Nous considérons ensemble qu’il est désormais nécessaire de permettre à un procureur de se consacrer à temps plein à la lutte anti-terroriste.
Ce PNAT bénéficiera d’une équipe de magistrats et de fonctionnaires renforcée. Sa création s’accompagnera par ailleurs de la désignation de procureurs délégués anti-terroristes au sein des parquets territoriaux les plus exposés. Ils formeront un vivier de magistrats
immédiatement et efficacement mobilisables en cas d’attaques terroristes. C’est donc un véritable maillage territorial anti-terroriste au niveau judiciaire que nous allons créer.
Pour le dernier axe de ce plan, nous avons voulu nous tourner vers l’Europe, vers une Europe qui protège. Au-delà de la création de l’académie européenne du renseignement, annoncée par le Président de la République à la Sorbonne en septembre 2017 et dont la première session se tiendra au premier semestre 2019, je veux mentionner l’action résolue de la France, désormais soutenue par la Commission pour renforcer l’effectivité du retrait rapide des contenus illicites sur Internet.
Enfin, je ne veux pas terminer cette présentation sans parler des victimes du terrorisme.
Améliorer la protection des victimes du terrorisme est un élément déterminant de la capacité de résilience de notre société. La solidarité, l’assistance et l’indemnisation des victimes du terrorisme et de leurs familles font partie intégrante de notre réponse au terrorisme.
C’est pourquoi, dans le projet de loi de programmation de la Justice, nous créerons un juge de l’indemnisation dédié aux victimes de terrorisme pour accélérer leur indemnisation et alléger d’autant le travail des juges d’instruction en charge de l’enquête pénale.
Je souhaite saluer le travail fait depuis un an par Elisabeth PELSEZ, déléguée interministérielle à l’aide aux victimes. Elle a su montrer que le rattachement naturel au ministère de la Justice de la mission d’accompagner les victimes n’avait en rien entravé l’engagement de tout le gouvernement au service des victimes.
Demain je serai à Nice, pour me recueillir à la mémoire des 86 victimes décédées dans l’attentat du 14 juillet 2016, et avec l’ensemble des victimes qui trouveront la force de revenir sur ces lieux. A Nice, comme partout où le terrorisme islamiste a frappé, les blessures restent vives, les mémoires douloureuses. A Nice demain, comme chaque jour depuis que j’exerce mes fonctions, deux sentiments m’animeront.
L’humilité d’abord. L’humilité devant la douleur. L’humilité devant le travail accompli par tous ceux qui œuvrent, le plus souvent dans l’ombre, à notre sécurité. Ici, à la DGSI, à la DGSE, dans les services du renseignement territorial, dans l’ensemble des services de renseignement et d’investigation, des fonctionnaires, des militaires des armées et de la gendarmerie, des spécialistes sous contrat, font un travail remarquable, qui exige à la fois une persévérance à toute épreuve et une réactivité de chaque instant. Je veux, en leur rendant hommage, leur adresser le message de l’exigence et de la confiance.
Le deuxième sentiment qui m’anime, c’est la détermination. C’est celle du Président de la République, c’est la mienne, c’est celle de tout le Gouvernement. Nous savons que le risque zéro n’existe pas. Mais nous savons que nous ne devons jamais renoncer, jamais céder au fatalisme. Lutter pied à pied, chaque jour, sans nous caricaturer, sans renoncer à nos valeurs, mais sans complaisance ni concessions. Lutter concrètement, avec des engagements précis, des actions tangibles et mesurables.
Ce sont ces deux convictions que traduit ce plan, en consolidant le chemin accompli, et en nous plaçant, résolument, dans une démarche de progrès continu.




PARIS : Stéphane Travert annonce le versement de l’assurance récolte 2017

PARIS : Stéphane Travert, ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation, annonce le versement hier, 12 juillet de 67 millions d’euros sur les comptes des exploitations agricoles françaises, au titre de l’assurance récolte pour la campagne 2017.

CHAMP DE BLE

Ce premier paiement concerne 34 500 dossiers. Le prochain versement aura lieu le 2 août et permettra le paiement de la très grande majorité des dossiers restants.
En 2017, les contrats souscrits au titre de l’assurance récolte couvrent 29,4 % de la superficie agricole, hors prairie.
Pour mémoire, cette aide consiste en une prise en charge partielle (au maximum 65%) de la prime ou cotisation d’assurance multirisque climatique couvrant les récoltes, souscrite par un exploitant agricole. Elle vise à inciter les agriculteurs à s’engager dans une démarche de gestion des risques climatiques sur leur exploitation. Elle leur permet de bénéficier d’une couverture de risques étendue à l’ensemble des risques climatiques, et adaptée à leurs besoins.
Les exploitations agricoles sont particulièrement exposées aux événements climatiques, comme l’ont montré ces dernières années ainsi que le premier semestre de l’année 2018 (gel, orages de grêle localisés, inondations…)
L’assurance récolte permet de faire face aux conséquences des événements climatiques en accompagnant les agriculteurs vers une meilleure gestion des risques ; elle permet d’accroître la résilience de leurs exploitations et de minimiser les impacts, notamment économiques, de ces risques.
Pour la campagne 2018, les demandes d’aide ont été présentées pendant la campagne de télédéclaration du 1er avril au 15 mai 2018. Les formulaires de déclaration de contrats doivent être transmis aux directions départementales des territoires (et de la mer) avant le 30 novembre 2018 et les premiers paiements sont prévus en février 2019.

SOURCE /

Ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation
Hôtel de Villeroy – 78 bis, rue de Varenne – 75007 PARIS
www.agriculture.gouv.fr www.alimentation.gouv.fr
@Min_Agriculture




PARIS : Déplacement d’Elisabeth BORNE, ministre chargée des Transports – Lundi 16 juillet 2018

PARIS : Déplacement d’Elisabeth BORNE, ministre chargée des Transports en Haute-Vienne, lundi 16 juillet.

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Elisabeth BORNE se rendra lundi 16 juillet en Haute-Vienne, pour une journée d’échanges et de travail avec l’ensemble des acteurs concernés par les enjeux de désenclavement ferroviaire, routier et aérien du territoire.

Programme

11h30 – Rencontre avec les élus et les acteurs économiques de la Haute-Vienne sur les enjeux de désenclavement du territoire – Préfecture – Tour images en début de réunion

14h00 – Ouverture par la ministre du comité de concertation sur la ligne ferroviaire Paris-Orléans-Limoges-Toulouse – Préfecture – Allocution de la ministre ouverte à la presse

14h30 – Echange avec la presse – Préfecture – Micros tendus

15h05 – Visite du Centre d’ingénierie et de gestion du trafic (CIGT) de l’A20 – Feytiat – Ouvert à la presse

16h10 – Visite de l’entreprise de transport ROULAUD – Ouvert à la presse

17h10 – Réunion avec le bureau du syndicat mixte de l’aéroport de Limoges-Bellegarde et les élus – Aéroport de Limoges-Bellegarde – Tour images en début de réunion

www.ecologique-solidaire.gouv.fr

@Min_Ecologie




PARIS : Comportement violent et inadmissible d’un gardien de la paix stagiaire dans l’enceinte du Tribunal de Grande Instance de Paris

PARIS : Le Ministre d’Etat, Ministre de l’Intérieur, a pris connaissance ce jour de l’existence d’une vidéo présentant une comportement violent et inadmissible d’un gardien de la paix stagiaire dans l’enceinte du Tribunal de Grande Instance de Paris.

POLICE 11

Le Ministre d’Etat condamne avec la plus grande fermeté ce comportement inadmissible qui vient nuire à l’image de l’ensemble des forces de sécurité.
Par conséquent, il a immédiatement décidé de la suspension, à titre conservatoire, du fonctionnaire en cause, dans l’attente des conclusions des enquêtes judiciaires et administratives.
Le ministre rappelle qu’il se montrera de la plus grande intransigeance face aux comportements contraires aux exigences qui s’attachent à la fonction de policier et de gendarme. Il souligne à nouveau son attachement au respect, en toutes circonstances, des règles déontologiques.




PARIS : Entretien avec Son Exc. M. LEE Hsien Loong, Premier ministre de la République de Singapour – Vendredi 13 juillet 2018

PARIS : M. Édouard PHILIPPE, Premier ministre, recevra Son Excellence M. LEE Hsien Loong, Premier ministre de la République de Singapour.

Edouard Philippe

Vendredi 13 juillet 2018 à 14h30

Hôtel de Matignon

 

Déroulé prévisionnel :

14h30 Arrivée de S. Exc. M. LEE Hsien Loong, Premier ministre de la République de Singapour

Photographie officielle

Entretien avec S. Exc. M. LEE Hsien Loong, Premier ministre de la République de Singapour

15h15 Fin de la visite




PARIS : Dispositif national de sécurisation des 13, 14 et 15 juillet 2018

PARIS : Conférence de presse de Gérard COLLOMB, ministre d’Etat, ministre de l’Intérieur sur le dispositif national de sécurisation des 13, 14 et 15 juillet 2018.

mondial france belgique

Gérard COLLOMB, ministre d’État, ministre de l’Intérieur, tiendra une conférence de presse, en présence du Directeur Général de la Police Nationale, du Directeur Général de la Gendarmerie Nationale, du Préfet de Police de Paris, et du Directeur Général de la Sécurité Civile et de la Gestion des Crises, afin de présenter les dispositifs de sécurité mis en place sur l’ensemble du territoire national les 13 et 14 juillet, dans le cadre de la Fête Nationale et le 15 juillet, pour la participation de l’équipe de France à la finale de la Coupe du Monde de football.

Hôtel de Beauvau

Vendredi 13 juillet 2018 – 12h




PARIS : Rencontre avec les membres du Comité Action Publique 2022 et du Comité jeunes J22

PARIS : Le Premier ministre a reçu aujourd’hui les membres des Comités CAP22 et J22 afin de les remercier de leur implication et de la grande qualité de leurs travaux qui ont nourri l’ambition de transformation de l’action publique du Gouvernement.

Edouard Philippe

Cette rencontre a permis de faire le point sur la méthode de travail retenue par le Premier ministre pour finaliser les plans de transformation ministère par ministère. A l’image des travaux lancés sur la fonction publique, l’audiovisuel public et, hier encore sur les administrations fiscales et douanières, des ateliers sectoriels consacrés aux objets de réformes du programme Action Publique 2022 les plus structurants se dérouleront entre juillet et octobre. Le Gouvernement annoncera après chaque atelier ses décisions opérationnelles et un calendrier de mise en œuvre. Les rapports CAP22 et J22 seront publiés au terme de cette phase de décision.




MARSEILLE : Les Emplois Francs à Marseille – Vendredi 13 juillet 2018

MARSEILLE : A la suite de la  » Rencontre des solutions « , événement qui vise à mobiliser les acteurs de terrain pour le développement de l’offre sportive et de l’insertion dans le sport dans les quartiers prioritaires de la politique de la ville (QPV), le Ministre se rendra à l’hôtel TOYOKO INN.

Marseille 6

Jacques MÉZARD, Ministre de la Cohésion des territoires se rendra à l’hôtel TOYOKO INN à la rencontre de salariés tout juste embauchés par l’entreprise dans le cadre du dispositif des  » Emplois Francs  » lancé en avril dernier.
Le dispositif des Emplois Francs vise à favoriser l’embauche des habitants des quartiers prioritaires de la politique de la ville (QPV) : une aide financière est versée aux entreprises, pour l’embauche d’un demandeur d’emploi, en CDI ou en CDD et résidant dans ces QPV. Les Emplois Francs sont une réponse aux discriminations à l’embauche que peuvent rencontrer les habitants des quartiers populaires. Les quartiers de Marseille ont un taux particulièrement élevé de chômage dans les Quartiers prioritaires de la Ville (QPV).
L’Hôtel TOYOKO INN, premier hôtel de la chaîne japonaise en France a ouvert ses portes il y a un mois et a déjà embauché huit salariés grâce au dispositif des Emplois Francs.

PROGRAMME

15h30 : Visite de l’Hôtel TOYOKO INN et échange avec les salariés ayant bénéficié du dispositif Emplois Francs – 25 avenue du Général Leclerc, Marseille

Retrouvez également ici la note aux rédactions concernant la première partie du déplacement de Jacques Mézard et de Laura Flessel à Marseille…

Rencontre des solutions : Grande mobilisation d’acteurs sportifs et associatifs pour le développement du sport dans les quartiers
Ce vendredi 13 juillet 2018, Jacques MEZARD, ministre de la Cohésion des territoires, et Laura FLESSEL, ministre des Sports, se rendront à Marseille, à la Friche Belle de Mai, pour la « Rencontre des solutions », événement de mobilisation des acteurs de terrain pour le développement de l’offre sportive et de l’insertion dans le sport dans les quartiers prioritaires de la politique de la ville (QPV). Cette manifestation est aussi une première étape d’un Tour de France des « Territoires en action » pour le ministre de la Cohésion des territoires, Jacques Mézard, qui lance ainsi un rendez-vous régulier dans les territoires, visant à mettre en valeur leurs actions, et fédérer et porter les initiatives locales au niveau national. L’accès à une activité sportive est inégal selon les territoires. Dans certaines zones, et en particulier dans les QPV, pratiquer un sport ne va pas de soi. Or le sport est un vecteur majeur de santé et de bien-être, mais aussi d’insertion professionnelle et de cohésion sociale. Pour lutter contre cette inégalité territoriale, l’Etat ne peut agir seul. A l’occasion de la Rencontre des solutions, le ministère de la Cohésion des territoires et le ministère des Sports sont mobilisés pour accompagner les acteurs de terrain dans leurs initiatives en faveur des habitants des QPV. Fédérations et associations sportives nationales et locales présenteront leurs initiatives concrètes dans les QPV, et noueront un pacte avec l’Etat pour des actions mieux coordonnées et structurées sur le terrain.

Programme

9h30 : Ouverture des portes et accueil café

10h00 : Tables-rondes

1ère partie : Les grandes innovations pour le développement de l’offre sportive et l’insertion par le sport sur les territoires : Série de pitchs de 4 minutes d’associations nationales et de fédérations sportives

2ème partie : Focus sur des projets marseillais de développement de l’offre sportive et d’insertion par le sport : Objectif : illustrer une méthode pour faire ensemble

11h45 : Discours des ministres Laura FLESSEL et Jacques MÉZARD

12h15 : Signature de partenariats

12h25 : Point presse et photo

13h45 : Déambulation des ministres dans les stands des associations

Attention, changement de lieu : Friche Belle de Mai – 41 Rue Jobin, 13 003 Marseille




PARIS : Jérémy CUKIERMAN, Master of Wine, est nommé Directeur de la Wine & Spirits Academy de KEDGE

PARIS : KEDGE Business School annonce la nomination de Jérémy Cukierman au poste de Directeur de la Wine & Spirits Academy qui regroupe l’ensemble de ses programmes spécialisés dans le management des vins et spiritueux, ainsi que ses activités dédiées aux professionnels et aux entreprises de la filière, en France et à l’international.

JEREMY CUKIERMAN, Directeur Wine & Spirits Academy de KEDGE

Jérémy Cukierman succède à Jacques-Olivier Pesme qui quitte le groupe KEDGE. Master of Wine depuis 2017, Jérémy Cukierman travaille depuis près de quinze ans avec plus de 200 vignerons de France et d’ailleurs. Il a démarré sa carrière dans le monde du vin en tant que marchand de vin, avec des boutiques à Paris, et une agence événementielle. Consultant auprès de clients privés et d’entreprises de la filière viticole, il écrit pour le magazine français Vigneron et le magazine italien Civiltà del Bere. Il travaille actuellement sur un livre consacré à des vignerons cultes du monde entier.

 » KEDGE a acquis une notoriété et une reconnaissance incomparables dans le secteur des vins et spiritueux grâce au formidable travail accompli par Jacques-Olivier Pesme que je tiens à remercier. Jérémy Cukierman a pour mission d’intensifier le développement des activités de la Wine & Spirits Academy, en s’appuyant d’une part sur l’excellence de notre centre de recherche et d’autre part sur son expertise et son réseau professionnel dans le secteur, déclare José Milano, Directeur Général de KEDGE. Pour enrichir notre offre proposée à nos étudiants et aux entreprises, c’est un atout incontestable pour KEDGE de pouvoir compter un Master of Wine aux côtés de nos enseignants-chercheurs. « 

Master of Wine est la distinction la plus prestigieuse dans l’univers du vin. Cet examen extrêmement sélectif comprend une série de dégustations à l’aveugle, une partie théorique et un ‘papier de recherche’. Un futur Master of Wine doit être capable de traiter aussi bien des enjeux de la viticulture que des problématiques de marketing et de sociologie du vin. Il n’y a actuellement que 370 Masters of Wine dans le monde. Jérémy Cukierman est l’un des six Masters of Wine français. Il a également gagné la médaille Madame Bollinger pour l’excellence de ses résultats à l’examen de dégustation de l’Institut des Masters of Wine.

 » Kedge Business School a déjà prouvé sa légitimité et sa compétence en matière de formations sur le vin et les spiritueux. En m’appuyant sur la qualité des équipes, des chercheurs, sur notre réseau dans la filière viticole, sur les formations existantes et sur une offre bientôt élargie, j’entends faire de notre département vins et spiritueux une référence incontournable pour tout étudiant français ou étranger « , annonce Jérémy Cukierman.

Jérémy Cukierman remplace Jacques-Olivier Pesme qui quitte le groupe dans le cadre de la fin de la convention qui prévoyait, lors de la fusion en 2013, la mise à disposition du personnel de la CCI de Bordeaux auprès de l’association KEDGE jusqu’au 30 juin 2018.

La Wine & Spirits Academy de KEDGE est basée à Bordeaux, capitale mondiale du vin. Présente au cœur des différentes instances de la filière vitivinicole, relai d’information et d’influence, la Wine & Spirits Academy a pour vocation de former les managers du secteur des Vins & Spiritueux mais aussi d’accompagner les mutations de la filière en proposant une aide à la décision, en développant des projets locaux & internationaux d’appui économique aux acteurs, en agissant comme un connecteur d’énergies.
www.kedgebs.com –@kedgebs -Facebook/kedgebs Wine&Spirit Academy

A propos de KEDGE Business School :
KEDGE Business School est une Ecole de management française de référence présente sur 4 campus en France (Paris, Bordeaux, Marseille et Toulon), 3 à l’international (2 en Chine à Shanghai et Suzhou, et 1 en Afrique à Dakar) et 3 campus associés (Avignon, Bastia et Bayonne). La communauté KEDGE se compose de 12 600 étudiants (dont 25% d’étudiants étrangers), 183 professeurs permanents (dont 44% d’internationaux), 275 partenaires académiques internationaux et 60 150 diplômés à travers le monde. KEDGE propose une offre de 36 formations en management et en design pour étudiants et professionnels, et déploie des formations sur-mesure pour les entreprises au niveau national et international. Membre de la Conférence des Grandes Ecoles et accréditée AACSB, EQUIS et AMBA, KEDGE Business School est une institution reconnue par l’Etat français, avec des programmes visés, et labellisée EESPIG. KEDGE est classée par le Financial Times 40ème meilleure Business School en Europe et 37ème mondiale pour son Executive MBA.
kedge.edu
-@kedgebs – Facebook/kedgebs




PARIS : Cérémonie d’honneurs funèbres militaires rendue à M. Claude LANZMANN

PARIS : Nous publions le discours de M. Edouard PHILIPPE, Premier ministre, prononcé à l’occasion de la Cérémonie d’honneurs funèbres militaires rendue à M. Claude LANZMANN, à l’Hôtel des Invalides, jeudi 12 juillet 2018.

Edouard Philippe

Discours de M. Édouard PHILIPPE, Premier ministre
Cérémonie d’honneurs funèbres militaires à M. Claude LANZMANN
Hôtel des Invalides
Jeudi 12 juillet 2018

« J’avais près de soixante-dix ans, mais tout mon être bondissait d’une joie sauvage, comme à vingt ans ».
On vous comparait souvent à un ogre qui dévorait la vie avec cette « joie sauvage » que vous évoquez dans les dernières lignes du Lièvre de Patagonie. Pour Marc Bloch, l’ogre est précisément une image de l’historien : là où il sent l’humanité, là est sa mission.
Quelle a été, Claude Lanzmann, votre mission. Celle d’un historien peut-être ; celle d’un artiste, certainement ; celle d’un homme en vérité.
Il fallait un artiste pour faire l’histoire. Pas la « faire » comme acteur, même si à bien des égards, vous y avez contribué. Mais pour la dire, la montrer, la nommer, pour nous la faire toucher du doigt. Surtout celle-là. La plus sombre qui fût. Celle que certains ont tenté de faire taire. De faire disparaitre. D’anéantir. Il fallait nous en faire toucher la noirceur. De génération en génération.
Depuis le 5 juillet dernier, l’ogre, l’artiste, le lièvre qui s’est glissé « sous les barbelés infranchissables pour l’homme » des camps d’extermination se rejoignent et se confondent dans une seule et immense conscience. Bien vivante.
Une conscience qui avait le courage de son authenticité pour paraphraser le mot d’ordre de l’existentialisme.
Cette authenticité, c’est celle de la résistance en 1943, au lycée Blaise-Pascal de Clermont Ferrand.
Vous y découvrez la camaraderie des Jeunesses communistes, le maquis et la clandestinité. Vous portez des valises, avec votre amie Hélène Hoffnung, réceptionnez des armes qu’il faut cacher ou remettre aux militants du Parti communiste.
Les chemins de la liberté, vous en vivez les embuscades, les ornières avec vos camarades, exposés aux mortiers allemands ou surpris, dans les montagnes, par des miliciens. Sous vos faux noms, vous vivez déjà plusieurs vies.
Vous êtes surtout, déjà, confronté à la mort.
Celle de Rouchon, le condisciple de Blaise-Pascal que vous aimiez tant. Celle de Baccot, qui se réfugie et se suicide pour échapper à la Gestapo. Des figures qui vous apprennent le courage.
Le vrai.
Celui du don de soi.
Du sacrifice.
Mais ces figures, elles vous heurtent, elles vous bousculent. Comme tous ces héros qui nous placent, malgré eux, grâce à eux, devant nos propres lâchetés. Avec une froide honnêteté, vous avouez les vôtres. Celle qui vous retient de défendre le jeune Lévy que vos camarades de classe maltraitent en 1938 « parce qu’il est Juif ». Celle qui vous fait vous renier lorsque les mêmes vous demandent si vous êtes Juif. Celle qui vous fait fuir votre mère, dont l’apparence physique trahit, selon vous, ses origines aux yeux des bourreaux.
De ce combat, si intime et si universel, et si terriblement humain, entre le courage et la lâcheté, vous allez faire, je vous cite « le fil rouge de votre vie ». L’histoire vous en offrira hélas trop souvent l’occasion.
Ainsi, en rejoignant la Résistance comme votre père, vous vivez très jeune votre siècle. Vous découvrez aussi Paris avec votre frère Jacques, tous deux armés de fusils soviétiques marqués de la faucille et du marteau.
Ce Paris libéré, ce Paris d’après-guerre vous ouvre ses bras. En classe de lettres supérieures à Louis-le-Grand, le jeune homme d’action devient l’élève de Ferdinand Alquié, le condisciple de Gilles Deleuze et de Jacques Le Goff, l’ami intime de Jean Cau.
C’est le temps des rencontres qui orientent un destin. Beau et chanceux comme le Solal d’Albert Cohen, dont vous serez un grand lecteur puis un ami, vous vivez cent vies. Vous fréquentez Eluard, Ponge, et surtout Jean-Paul Sartre et Simone de Beauvoir.
À leurs côtés, vous devenez un penseur engagé. Vous dénoncez la guerre d’Algérie et signez le manifeste des 121, vous publiez un dossier à charge contre les exactions et la torture, vous encouragez Jacques Vergès à intercéder en faveur des membres du FLN condamnés à mort.
L’Histoire ne vous laisse jamais indifférent. Elle ne vous laisse jamais en paix.
Simone de Beauvoir. La femme à la beauté grave, intimidante, que vous invitez un soir au cinéma. Vous n’irez d’ailleurs jamais jusqu’à la salle de projection. Vous découvrez les fulgurances de la plus grande intellectuelle de son temps, dont vous chérirez l’amitié. À sa
mort, vous reprenez la direction des Temps modernes et y maintenez, je cite,« un cap de noninfidélité ».
L’existentialisme vous ouvre les yeux : en lisant les Réflexions sur la question juive de Sartre, vous comprenez votre « inauthenticité ». Trouver son authenticité, c’est lutter contre toutes les formes d’infidélité à soi-même. Vous prenez conscience de vos reniements face à l’antisémitisme dont votre mère et vos camarades ont souffert.
Certes, vous vous sentez « un vieux Français, d’une francité ancienne ». Mais, contrairement à Sartre, pour vous, ce n’est pas « l’antisémitisme qui crée le Juif ». Le voyage en Israël, ce pays qui vous est « d’emblée étranger et fraternel », est une révélation : vous êtes de vos propres mots « dedans et dehors en France, dehors et dedans en Israël ».
Vous avez découvert un peuple, le peuple juif, et vous ne le renierez plus.
Vous ne le renierez plus et vous lui bâtirez un monument. Un monument de larmes et de vérité. Un monument de stupeur qui obligera l’Humanité à regarder ses crimes et à en supporter le poids. À en écouter aussi l’éprouvant récit dans un procès au long cours, qui ne semble jamais finir. Ce monument, c’est Shoah dont le titre, gravé dans l’éternité, se suffit.
Shoah, c’est une œuvre unique pour un crime unique, ce sont des visages, c’est un cri. Un refus aussi : celui de l’oubli.
Pour Pierre Vidal-Niquet, il y a Primo Levi, qui nous conjurait de ne pas oublier « que cela fut ».
Il y a Raul Hilberg.
Et il y a Shoah.
Pour ne pas oublier, il faut informer. Et informer, c’est d’abord donner une forme, dites-vous.
Durant douze ans, avec une seule caméra 16 mm, d’un bout à l’autre de la planète, vous filmez témoins, rescapés, bourreaux. En 1985, le public découvre un film de 9h30, sans image d’archives, sans commentaires, sans mise en scène. Un film qui n’obéit à aucune règle, aucun académisme. Un film à la beauté brute, libre, sans artifice, hors-normes. Un « film-ogre » qui dévore le temps, l’espace, voire à certains moments de sa vie, son créateur. Et qui pour ces raisons, se place d’emblée au niveau des œuvres immortelles. Inoubliables. Reconnaissables. Informer, c’est aussi nommer. Avec Shoah, vous avez nommé l’innommable, vous qui auriez voulu que ce film n’ait pas de titre. Shoah au lieu de « génocide », d’« holocauste » ou de « solution finale ». Shoah pour anéantissement, catastrophe, ruine.
Informer, c’est enfin évoquer. Non montrer, non raconter, encore moins reconstituer, mais faire renaître la texture de la réalité. Une texture qui se nourrit de silences, de phrases entrecoupées, de non-dits, de regards qui se baissent ou qui se troublent. Et dans ces regards perdus, abîmés et pour certains glacés ou indifférents, le spectateur voit la « Shoah ». Il la regarde en face, forcé de s’arrêter pour la contempler dans sa méticuleuse horreur. Comme happé par un soleil noir.
« Un certain absolu d’horreur est intransmissible », dites-vous. Quand vos témoins butent sur les mots, une voix, la vôtre, les encourage avec une douce sévérité : « Allez Abram, ditesvous au coiffeur de Treblinka que les larmes étranglent, nous devons le faire. Nous devons continuer ». Et nous, spectateurs, craignons que ces témoins se taisent. Comme nous craignons de les écouter.
Ecouter cet homme qui supplie les nazis de le tuer après avoir déposé sa femme et sa fille dans la fosse et qui s’entend répondre qu’il a encore la force de travailler.
Ecouter cette femme d’instituteur allemand qui, ayant vécu en Pologne durant l’occupation, avoue froidement que « voir ça tous les jours, ça tape sur les nerfs ».
Ecouter ces paysans, ces villageois, ces conducteurs de trains raconter d’une voix lasse, l’affreuse monotonie du crime étouffé, aperçu, entendu, puis vite nié ou oublié.
Dans toutes les langues, dans tous les lieux du monde, vous montrez que c’est bien notre monde, notre humanité. Au génocide qui supprime les hommes, les femmes, les enfants, les preuves et les souvenirs, à l’oubli « programmé », planifié par les bourreaux, vous opposez une mémoire terriblement vivante.
Avec Shoah, nous ne pleurons pas les morts. Nous pleurons nos morts. Nous pleurons sur nous-mêmes. Sur notre condition. Sur nos lâchetés, petites ou grandes qui rendent le crime de masse possible. Sur notre incompréhension. Peut-être pleurons-nous aussi sur notre temps.
Peut-être pleurons-nous aussi, sans le savoir, sur notre avenir.
Pour vous, ce film « est une façon de revivre leur mort, les tuant une seconde fois, afin qu’ils ne meurent pas seuls, dans l’abandon absolu, mais pour que nous mourions avec eux. »
En ce jour, Claude Lanzmann, vous n’êtes pas seul : nous sommes tous avec vous ; ces morts sont tous avec vous. Ils vous maintiendront vivant à jamais.
Car ces hommes et ces femmes que vous avez filmés, nous racontent aussi leur volonté de vivre. « Tout était mort en eux », disent-ils, « mais on n’est qu’un homme et il faut vivre ».
La vie, vous l’avez aimée par-dessus tout. Malgré tout. Envers et contre tout. De salles de projection en salles de classe, sans concession, sans complaisance, vous avez présenté vos films avec une netteté tranchante. Tranchante comme la vérité.
Cet amour de la vie, c’est celui que vous confessez avec gourmandise, dans votre autobiographie Le lièvre de Patagonie. Car en 2009, à 80 ans, vous avez la vigueur d’un jeune homme. Une vigueur qui vous conduit à publier un livre. Un grand livre de littérature. Un
passionnant témoignage. De l’Auvergne à la Patagonie, de la Pologne à la Corée du Nord, vous ne vous lassez ni de la vie ni des rencontres.
Imprévisible jouisseur, vous saviez rire de tout, sauf de cette énigme absolue, de ce non-sens qu’est la mort qui anéantit tout. Des années après la disparition de votre sœur, Evelyne, celle de votre fils Felix vous plonge « dans les profondeurs d’abîme du malheur » qui éprouvent « les grands fers de l’amour », pour reprendre les vers de Saint-John Perse que vous récitiez inlassablement.
« Tant de derniers regards me hantent pour toujours », écrivez-vous dans Le Lièvre de Patagonie. Votre dernier regard, Claude Lanzmann, appartient à votre femme Dominique, à tous ceux que vous avez chéris et qui vous ont aimés.
Les regards que vous filmez dans Shoah, appartiennent à tous.
Votre regard n’a jamais cillé. Il regardait droit, il regardait fixe pour nous forcer à voir.
Dans l’Histoire, il est des hommes qui restent pour ce qu’ils sont, parce que les évènements, souvent tragiques, leur ont donné l’occasion de se transcender.
Et dans l’Histoire, il est des hommes qui restent pour ce qu’ils laissent, pour l’œuvre qu’ils ont donné au monde et à l’Humanité.
Votre mission d’Homme, Claude Lanzmann, aura été de concilier ces deux impératifs, d’être et de créer.
Ce faisant, vous avez fait exister ceux qui ne sont plus, et il n’est pas impossible que vous ayez réussi à faire exister beaucoup de ceux qui sont ici.