TOULON : Hubert FALCO : « Chalucet, c’est tout d’abord une histoire et une date, 1678 »

Chalucet, le Quartier de la Créativité et de la Connaissance, c’est tout d’abord une histoire et une date : 1678.

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Mais, aujourd’hui, c’était aussi l’occasion d’un accueil très mouvementé, voire un tantinet violent, mais incompréhensible et injustifié, de la presse ! A noter la présence de Jean-Luc VIDELAINE, préfet du Var, Marc GIRAUD, président du Département, de l’Amiral Laurent ISNARD, préfet maritime de la Méditerranée, Jacques BIANCHI, président de la CCI du Var et de Jean-Louis BORLOO, ancien ministre et grand ami d’Hubert FALCO, le président de la Métropole

L’INTERVENTION D’HUBERT FALCO :

L’histoire de l’ancien hospice de la Charité :

Les statues de ses deux fondateurs ornent la façade d’entrée de la chapelle : l’abbé Jean de Gautier qui, en 1678, légua toute sa fortune pour construire un premier hospice pour les indigents, et Mgr Bonnin de Chalucet, évêque de Toulon, qui poursuivit son oeuvre en faisant construire un hospice, en 1694, en grande partie sur ses propres deniers, pour remplacer le précédent.
Au milieu du XIXème siècle, l’hospice de la Charité reconstruit et agrandi deviendra Hôtel Dieu et prendra le nom d’hôpital Chalucet.
L’histoire plus contemporaine, c’est celle des hôpitaux de Font Pré et de Chalucet, lieux de trop de souffrances, de trop de maladies, mais aussi de soin, de guérison et d’espoir retrouvé, grâce à une communauté hospitalière exceptionnelle. Avec le temps, ces établissements étaient devenus trop petits et avec des plateaux techniques insuffisants qu’il devenait indispensable de moderniser dans l’intérêt des malades.
Avec leur aide et grâce aux personnels hospitaliers présents au conseil d’administration de l’Hôpital Font Pré où je siégeais minoritairement en tant que Président du Conseil Général, j’ai engagé, dès 1999, une longue bataille pour construire un nouvel hôpital car les personnalités nationales et locales présentes ne voulaient pas entendre parler d’une construction neuve. Cette bataille a vu son aboutissement avec l’ouverture en 2011 du nouvel Hôpital de Sainte-Musse, doté d’équipements et de plateaux techniques à la pointe de la médecine moderne au service des malades. Les activités des anciens hôpitaux de Font Pré et Chalucet y avaient été transférés.
Chalucet était désormais désaffecté.

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Une rencontre avec mon ami, le diacre Gilles Rebêche, cet homme exceptionnel de coeur et de générosité, animé par le même esprit de charité que l’Abbé Jean de Gautier et Monseigneur de Chalucet – vous êtes nombreux à le connaître, et il est bien sûr ici aujourd’hui à nos côtés, – toujours tourné vers les autres, vers ceux qui sont dans le besoin, a souhaité qu’on aille le visiter ensemble.
Nous sommes d’abord arrivés devant le pavillon d’entrée, puis dans l’hôpital totalement désaffecté.
Nos pas nous ont alors menés devant la chapelle qui a reçu tant de doléances, d’implorations et tant de prières de croyants comme de non-croyants qui souhaitaient tout simplement implorer une grâce pour guérir.
De cette chapelle qui était un havre d’espoir, je me suis tourné vers le jardin.
Le site était alors séparé en deux par des grilles, comme il le fut longtemps : un hôpital fermé au Nord et un jardin ouvert au Sud.
Le Jardin Alexandre 1er, inscrit aux Monuments Historiques, procède d’un riche passé, celui de trois anciens jardins : Jardin de l’Hospice de la Charité, Jardin Botanique de la Marine, Jardin du Roy, que les siècles ont transformés et réinterprétés.
Créé en 1785, témoin d’un siècle assoiffé de connaissances, le Jardin botanique de la Marine était lié à l’enseignement de la Médecine et de la Chirurgie aux personnels de santé de la Marine (n’est-ce pas, Monsieur le Préfet Maritime, cher Amiral ?)
Et là, debout entre ce jardin et cette chapelle vibrants de l’histoire de Toulon, ce fut une évidence. Je cherchais depuis quelque temps un lieu pour implanter une médiathèque à la dimension de la Métropole, à la dimension de notre ville. Je venais de le trouver.
Me tournant vers le diacre, je lui dis : «Gilles ! La grande Médiathèque de la Ville de Toulon, elle est là ! C’est là qu’elle doit être !»
J’ai été touché par cette chapelle, son histoire, sa position stratégique, car elle éclaire littéralement le site, c’est le point d’ancrage de cet espace de 3 hectares et demi qui s’offrait à nous.
Ainsi naquit l’idée du quartier de la Créativité et de la Connaissance qui s’ouvre aujourd’hui à tous les Toulonnais.
Chalucet, c’est aussi répondre aux besoins grandissants d’une ville qui se développe, se transforme, qui s’ouvre de plus en plus à la jeunesse, à la culture, à l’éducation, à l’Université, aux écoles d’ingénieurs, aux start-up, au numérique ; une ville attractive qui voit sa population se développer : nous sommes aujourd’hui plus de 173.000 habitants.
En effet le pôle universitaire prenait de l’ampleur, le nombre d’étudiants dans le centre-ville était en progression constante, notamment avec la construction du nouveau pôle universitaire du centre-ville sur la Dalle hideuse des Ferrailleurs qui, depuis 25 ans, se dressait à l’entrée de notre ville, pôle universitaire inauguré en octobre 2014.
Avec eux, notamment, la vie revenait dans le coeur de Toulon.
L’ambition était d’implanter des écoles d’enseignement supérieur, comme celle de Kedge à l’initiative de la Chambre de Commerce et d’Industrie qui recherchait un lieu en complémentarité de ce nouveau campus et de la Maison du Numérique, nouvellement réhabilitée.
C’est cette nouvelle effervescence autour de la culture et de la formation qui a accentué le besoin d’une médiathèque du 21ème siècle.
En effet, si Toulon a une longue tradition de lecture publique, si notre belle Bibliothèque centrale aux boiseries historiques, avec ses 40 000 ouvrages, date de 1888 – elle est en cours de réhabilitation -, si nous disposons de plusieurs médiathèques de quartier, il manquait à Toulon une grande médiathèque digne de la 15ème ville de France et de son ambition universitaire et culturelle.

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Il faut une volonté et du temps long pour changer une grande ville, pour arriver à concrétiser de tels chantiers complexes.
Il a fallu sept ans pour couper ce ruban.
L’idée de ce projet est née en 2013, à la fin du précédent mandat. Le lieu et ses 3,5 hectares nous permettaient non seulement de créer une médiathèque mais en plus d’y associer de grandes écoles et d’intégrer l’ensemble dans un vrai lieu de vie.
Associer ces lieux de savoirs à des logements, c’était créer un véritable quartier, car dans un quartier on s’y forme, on s’y cultive, on s’y distrait, on y travaille, on y dort, on y vit.
C’était un immense défi : il ne s’agissait rien de moins que de mettre en route l’un des plus grands chantiers d’Europe en coeur de ville.
L’avenir ne se prédit pas toujours, mais il se provoque.
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Pour ce pari un peu fou, il fallait un cabinet d’architectes à la hauteur !
Ce fut le cabinet Corinne Vezzoni et associés qui a été retenu, dans le strict respect des règles des marchés publics, pour mener à bien cet incroyable projet.
Et nous ne pouvons que nous louer du résultat du concours : Corinne Vezzoni est l’un des plus grands architectes de France.
De plus, avec Corinne, femme d’art et de lumière, nous avions la même vision : construire, préserver, respecter l’histoire, faire entrer la clarté, le soleil, la vie, et nous avons travaillé pendant toute la construction dans le dialogue permanent.
Elle a su comprendre et interpréter ma volonté d’appuyer ce projet sur l’âme de la chapelle, inscrite aux Monuments Historiques et qui, même désacralisée, (exécrée(1), pour être précis, n’est-ce pas, Amiral Tainguy ?), était si empreinte d’émotions qu’il me paraissait essentiel qu’elle trouve une nouvelle vocation au centre du projet.
(1) Exécration : réduire à un usage non religieux avec perte de la qualité de sacré
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Corinne Vezzoni est une femme du Sud.
Elle se nourrit de la Méditerranée.
Chalucet porte la signature de son grand talent.
Sur ce terrain en pente comme le sont souvent les villes méditerranéennes, tournées vers la mer, sa démarche a été tout à la fois « urbaine, novatrice, historique, culturelle et contemporaine ».
Chalucet s’élève entre deux quartiers très marqués architecturalement, d’un côté la ville haussmannienne et ses tracés rectilignes, de l’autre la ville du XXème siècle, plus libre, qui suit le dessin des anciens remparts de la cité.
L’architecte a donc veillé à ce que ce nouveau lieu de vie dialogue avec l’environnement existant, à ce qu’il soit relié à toute la ville et ouvert à tous.
La deuxième caractéristique de son travail est d’être respectueux de l’histoire du lieu.
Pour dessiner le futur, pour écrire l’avenir, il faut respecter le passé. « Etre contemporain, dans le respect du lieu qui nous accueille » dit-elle.
Mariage réussi entre le passé et la modernité, le volume initial de la chapelle reçoit une aile contemporaine qui enveloppe l’ensemble du bâtiment sur une surface de 4.600m².
La Médiathèque Chalucet est aux couleurs des colonnes de la chapelle : elle est aux couleurs de cette pierre du Revest qui a constitué la ville.
Résolument tournée vers le numérique et les nouvelles technologies, elle a été conçue comme un lieu de culture et de transmission des savoirs, mais aussi comme un lieu de vie.
Disposant à terme d’un fonds de près de 70 000 documents, elle est dédiée à la connaissance sous toutes ses formes, aux livres et à tous les médias, audio, vidéos…
La médiathèque offre différents espaces consacrés à la lecture publique, à la documentation, au travail et à la médiation.
Avec un espace petite enfance, un auditorium de 122 places, avec son café culturel ouvert sur l’esplanade, elle se veut accueillante.
L’ancienne Chapelle est désormais un espace d’exposition.
Ouverte six jours sur sept, du mardi au dimanche, en nocturne le vendredi jusqu’à 20h30, la Médiathèque Chalucet devient en quelque sorte le vaisseau amiral de la politique du livre et de la lecture publique que nous avons mise en oeuvre à Toulon, le réseau des bibliothèques de la ville comptant désormais près de 305 000 références répartis sur huit sites.
Je tiens à ce sujet à rassurer tous les usagers des médiathèques de quartiers auxquelles nous sommes évidemment très attachés : elles continueront à satisfaire toutes vos envies de lecture et de culture en se développant encore davantage !
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Et ce jardin, notre jardin Alexandre 1er, le grand jardin public en centre-ville de tous les Toulonnais, s’étend désormais sur deux hectares (20 000 m²).
Je souhaitais qu’il soit étendu, repensé, réaménagé afin qu’il s’inscrive dans la continuité de ce nouveau quartier jusqu’à en devenir un élément majeur, afin que le végétal et l’eau réunifient les espaces en leur apportant fraîcheur et ombrage.
Les anciennes grilles de séparation ont disparu et un amphithéâtre de verdure s’avance jusqu’au pied de la Médiathèque : les lecteurs et les étudiants pourront y accéder directement, comme une invitation à la lecture, à la conversation, à la promenade.
Les arbres ont été préservés, notamment le grand cyprès chauve de Louisiane, planté en 1797, qui a courageusement résisté au temps, dernier témoin du Jardin botanique de la Marine, et qui en est la fierté.
Des allées en croix, recomposées dans l’esprit originel, des entrées nouvelles côté Est dans le prolongement des rues adjacentes, un cheminement Nord/Sud accessible aux Personnes à Mobilité Réduite, des jardins à thème s’offriront aux promeneurs.
Les curieux d’histoire et de botanique approfondiront leurs connaissances grâce à la signalétique mise en place le long des allées.
Les enfants y trouveront des jeux spécialement conçus pour eux, et nos amis à quatre pattes un parc canin.

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Outre la Médiathèque, deux bâtiments ont été édifiés :

« Les Beaux Arts » qui abrite :
– l’école Supérieure d’art et de Design de TPM,
– et l’incubateur/pépinière d’entreprises porté par TVT Innovation, socle de la French Tech.

Reliée au précédent par le Parvis des Ecoles :

– la Maison de la Créativité de la Chambre de Commerce et d’Industrie du Var, dessinée par l’architecte Christian Devillers, où s’installeront :
– d’une part la grande école de Commerce Kedge, dont la CCIV a été, dans les années 1970, le fondateur historique,
– des espaces partagés d’enseignement supérieur,
– et l’école d’architecture d’intérieur et de design Camondo :

Cette prestigieuse école, qui pour la première fois se délocalise de Paris et qui nous fait l’honneur de choisir Toulon pour ouvrir un deuxième site : Camondo Méditerranée.
Je tiens à ce propos à rendre un hommage particulier à l’équipe de la Villa Noailles, en particulier à Pascale Mussard et Jean-Pierre Blanc.
Au total, ce sont 1200 étudiants à terme qui sont attendus dans les établissements créés.
Pour sa part, le Département du Var, dont les propriétés jouxtent le nouveau quartier, a souhaité, mon cher Marc, en harmonie avec le reste du projet, repenser l’implantation de certains de ses services sociaux dans ce nouveau lieu de vie en coeur de ville, toujours dans le même esprit de solidarité.
Enfin, des résidents s’installeront également dans cet éco-quartier puisqu’un programme de logements a vu le jour grâce au Groupe Icade.
Que pourrais-je ajouter ?
Que cette opération est vertueuse au plan environnemental, grâce à une démarche certifiée Bâtiments Durables Méditerranéens (BDM) et que, par son cadre de vie agréable en coeur de ville, par la mixité de ses fonctions et sa biodiversité préservée, le projet a reçu le label EcoQuartier, le deuxième de la ville (le premier étant sur le site de l’ancien Font Pré).
C’est donc un nouveau quartier, dédié à l’innovation, à la formation, à la jeunesse, à l’avenir où entrepreneuriat, recherche, monde universitaire et acteurs culturels se côtoient.
De nombreux partenaires et financeurs ont accompagné la Ville de Toulon dans ce projet.
Ce programme de partenariat et d’échanges illustre pleinement une volonté d’aménager au mieux l’espace retrouvé et apporte un juste équilibre entre développement, préservation, environnement naturel et respect de l’histoire.
Conjuguer le privé et le public, solliciter des financements croisés a été la principale clé de la réussite.
Chalucet, c’est un esprit de complémentarité, de partage et de générosité, né de rencontres et de convivialité. Nous espérons que cet esprit prévaudra dans les années à venir.

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Je voudrais exprimer ma gratitude à tous les partenaires de ce projet :

L’Etablissement Public Foncier Régional, qui a porté le foncier dans le temps et sans qui rien n’aurait été possible,
L’Etat,
La DRAC,
La Région SUD Provence Alpes Côte d’Azur,
Le Conseil départemental du Var,
La Métropole,
La Chambre de Commerce et d’Industrie du Var,
Var Aménagement Développement,
La Caisse des Dépôts.

Je renouvelle mes plus vives félicitations aux architectes :

– à Corinne Vezzoni et à toute l’équipe talentueuse rassemblée autour d’elle.
Je salue également le beau travail des paysagistes (Pascale Hannetel et Arnaud Yver).
J’exprime ma reconnaissance :
– Aux nombreuses entreprises, aux bureaux d’études,
– Aux agents de la Ville et de la Métropole,
– Aux personnels de la Médiathèque.
Quant aux riverains et commerçants du quartier, ils ont été patients. Qu’ils en soient remerciés.
C’est un grand privilège de faire naître au XXIème siècle un nouveau lieu de vie tout à la fois profondément ancré dans les racines de notre ville, respectueux de son histoire et entièrement tourné vers le futur et la modernité. Sachons apprécier ce moment exceptionnel. Il est ouvert à tous.
Ce nouveau lieu de vie est désormais le vôtre, je vous invite maintenant à le découvrir et à l’aimer.
Bonne visite à tous.
Hubert FALCO
Président de la Métropole TPM

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La Région Sud, partenaire principal de l’Ecoquartier Chalucet

«Je veux faire de la Région Sud la collectivité de la proximité et du rayonnement. Grâce au Fonds Régional d’Aménagement du Territoire (FRAT), nous avons soutenu les investissements de près des trois quarts des communes. En complément, les Contrats Régionaux d’Equilibre Territorial (CRET) nous ont permis d’accompagner des projets, comme l’Ecoquartier Chalucet, répondant directement aux besoins des habitants. C’est pourquoi nous sommes fiers aujourd’hui d’inaugurer ce quartier qui sera emblématique par son attractivité et résolument tourné vers le numérique».
Renaud MUSELIER
Président de la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur,
Président de Régions de France

La Région Sud s’attache à développer l’équité territoriale en apportant plus de 500 millions d’euros d’aides aux collectivités de Provence-Alpes-Côte d’Azur. En complément du Fonds Régional d’Aménagement du Territoire, les Contrats Régionaux d’Equilibre Territorial permettent à la Région de financer sur trois ans des projets structurants, en lien direct avec les attentes des habitants, contribuant ainsi au développement équilibré du territoire.
C’est dans ce cadre que la Région Sud soutient la stratégie fédératrice des 12 communes qui composent Toulon Provence Méditerranée (TPM).

50 projets retenus dans le CRET TPM, soit plus de 35 millions d’euros dont :

Le pôle multiculturel de La Garde,
Le quartier du Chalucet,
Le cinéma six Etoiles de Six-Fours,
L’opération Grand Site et base nautique de Hyères,
L’Institut de Formation Public Varois des Professions de Santé.

L’Ecoquartier du Chalucet

La Région Sud a participé à hauteur de 12,5 M€ à l’opération Chalucet, ce qui en fait le premier contributeur public et le partenaire principal :

– CRET (6,3 M€) : aménagements des abords du quartier de la Créativité et de la Connaissance, requalification du Jardin Alexandre 1er, création de la médiathèque et à la rénovation du Musée d’Art de Toulon.
– Contrat de Plan Etat-Région (5,6 M€) : acquisition du foncier pour l’Ecole Supérieure d’Art et de Design.
– Contrat de Développement TPM (0,6 M€)