DIJON : Cérémonie en hommage à Gilbert PASQUIER, Juste parmi les Nations

François REBSAMEN, maire de Dijon, président de Dijon métropole, participe à la cérémonie au cours de laquelle une plaque sera dévoilée en l’honneur de Gilbert PASQUIER, Juste parmi les Nations, pour avoir sauvé la vie de la famille GROSMAN pendant l’Occupation.

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Né en 1914, Gilbert PASQUIER, gardien de la paix à Dijon, vivait pendant l’Occupation près de la synagogue. Avec son épouse et ses trois enfants, il s’était lié d’amitié avec la famille GROSMAN dont le père, Schmul, était responsable de la synagogue.
Début 1942, Schmul GROSMAN, averti d’une rafle imminente et dont le nom figurait sur la liste, s’enfuit immédiatement vers la zone libre et s’installa à Arlanc (Puy de Dôme) où il trouva un emploi. Restée seule, son épouse Ruda commença à s’angoisser pour les quatre enfants, Léa, Ruth, Judith et Daniel, et chercha un moyen de rejoindre son mari. Gilbert PASQUIER proposa alors son aide pour les conduire jusqu’à une gare près de la ligne de démarcation d’où il pourrait organiser leur passage en toute sécurité. Le voyage se déroula en mai 1942.

En tenue de gendarme, il prit le train avec la famille GROSMAN. Il garda son calme tout au long du trajet même lorsque les militaires allemands, un arrêt avant la dernière gare, obligèrent les passagers à descendre pour un contrôle d’identité. Quand ces derniers s’adressèrent à Gilbert PASQUIER, celui-ci tendit sa carte professionnelle et dit qu’il était avec sa femme et ses enfants. Les soldats les laissèrent repartir. À destination, Gilbert PASQUIER laissa les GROSMAN dans un café le temps d’organiser leur passage en zone libre. Quelques heures plus tard, Ruda et ses enfants réussirent à franchir la ligne de démarcation avec l’aide d’un passeur et retrouvèrent Schmul. Gilbert PASQUIER reprit la route pour rentrer à Dijon. La famille GROSMAN survécut à la guerre et revint s’installer à Dijon après la Libération. Elle resta en contact avec Gilbert PASQUIER et lui fut reconnaissante pour son acte courageux.

Pour avoir sauvé la vie d’une famille juive en mettant la sienne en péril, Gilbert PASQUIER, décédé en 1983, fut honoré du titre de Juste parmi les Nations par l’institut YAD VASHEM de Jérusalem le 13 juin 2012. Il s’agit de la plus haute distinction civile de l’état d’Israël. Les personnes reconnues  » Juste parmi les Nations « , 27 362 à travers le monde dont 4 099 en France au 1er janvier 2019, reçoivent un diplôme d’honneur ainsi qu’une médaille sur laquelle est gravée cette phrase du Talmud :  » Qui sauve une vie, sauve l’humanité toute entière « . Cependant, le livre des Justes ne sera jamais refermé car nombreux sont ceux qui restent anonymes faute de témoignages.

Vendredi 22 novembre 2019 à 11 h
Jardins de la synagogue
5 rue de la Synagogue – Dijon
en présence de Viviane LUMBROSO, vice-présidente du comité français YAD VASHEM et de Israël CEMACHOVIC, président de l’association cultuelle israélite de Dijon.