LA LONDE LES MAURES : 17 août 1944, 16 heures, La Londe retrouve sa liberté

LA LONDE LES MAURES : 9 panneaux d’information marquent physiquement le chemin de la mémoire, en souvenir de l’occupation par l’Allemagne nazie et la libération de la ville en 1944.

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Ce samedi 17 août 2019, le Souvenir Français, en partenariat avec la ville de La Londe-les-Maures, inaugurait le chemin de la Mémoire (1942 – 1944), en souvenir du Débarquement de Provence et de la libération de la ville le 17 août 1944 et en présence de Pierre Velsch, survivant des Commandos d’Afrique.

DESTINE AU GRAND PUBLIC

En quoi le projet contribue-t-il à la commémoration de la Libération du territoire ? Quel est l’impact visé de ce projet sur le territoire ? Ce sont les questions que se sont posés les initiateurs du projet avant sa concrétisation.
Ce chemin de la mémoire était inauguré pour commémorer le 75° anniversaire de la libération de la ville. Il est destiné au grand public et sera un outil pédagogique pour les enseignants des établissements scolaires dans le cadre du devoir de mémoire. Il contribuera aux actions développées dans le cadre du patrimoine par la communauté de communes Méditerranée Porte des Maures.

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«Deux panneaux, cinq lutrins et deux plaques murales, disposés en neuf points de la commune, rappellent la préparation et le déroulement du débarquement de Provence, les occupations italienne et allemande de 1942 à 1944, la libération de la commune par les troupes américaine et française le 17 août 1944, le récit de la disparition de trois résistants londais et le détail de la disparition des vingt deux londais des trois armes, morts pour la France de 1940 à 1945, la liste des F.F.I du village et de 117 officiers, sous-officiers et soldats de la 1ère Division Française Libre enterrés dans le 1er cimetière divisionnaire de cette unité, ouvert après les combats entre Hyères et le Pradet», explique François de Canson, maire de La Londe-les-Maures.

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Pour ce projet d’envergure, le Souvenir Français a obtenu le soutien de François de Canson, le maire, ainsi que l’aide de l’Office de Tourisme Intercommunal Méditerranée Porte des Maures, dirigé par Véronique Neyrand.

«En effet, pour mener à bien ce projet nous avons reçu une aide technique à la conception d’un support de communication destiné au grand public (papier et site Internet), de la part de la ville», précise Yves Boyer.

INITIE PAR LE SOUVENIR FRANCAIS

Comment le projet est-il réalisé ? Initié par le Souvenir Français, à l’origine du chemin de mémoire de la ville d’Hyères en 2014, le projet a été présenté en avril 2016 à François de Canson, maire de La Londe-les-Maures, qui l’a accepté et soutenu en assurant son financement. Validé en mai 2019, il a été réalisé par une entreprise spécialisée choisie par la commune.

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«Ce projet repose sur du bénévolat. Il est mis au service de la collectivité. Les emplacements géolocalisés permettront sa visualisation sur un site internet dédié, grâce à la participation de l’Office de Tourisme Intercommunal Méditerranée Porte des Maures qui regroupe six communes. D’autre part, le Souvenir Français va éditer un document destiné à la découverte des neuf emplacements du chemin de la mémoire comportant un QR Code, destiné à partager l’itinéraire dématérialisé et la traduction en anglais des neuf panneaux, lutrins et plaques disposés sur le territoire de La Londe-les-Maures», complète le maire.

Pour la réussite de l’opération, le projet a bénéficié d’un encadrement scientifique (conseillers historiques, comité scientifique, etc.), constitué de Jean Patrick André,conseiller historique et technique (Le Rayol-Canadel), Pierre Velsch, officier de la Légion d’honneur, commando d’Afrique débarqué au Rayol-Canadel dans la nuit du 14 au 15 août 1944 (Le Lavandou) et de Marcel Kafi, officier de la Légion d’honneur, engagé volontaire au 4° régiment de Tirailleurs Sénégalais (4° RTS) en août 1944 à Cavalaire, blessé en Alsace en novembre 1944 et combattant des guerres d’Indochine et d’Algérie (La Londe-les-Maures).

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17 AOUT 1944 A 16 HEURES…

Le 17 août 1944, à 16h, les soldats américains, débarqués depuis l’avant-veille sur les plages de la Croix-Valmer, de Cavalaire et du Lavandou, pénétraient à La Londe-les-Maures.
L’avant garde de la 3ème Division d’Infanterie US entrait en contact avec quelques résistants londais qui informaient l’officier américain et les troupes de la 1ère Division Française Libre de la présence des allemands à Saint-Honoré et à la Pabourette.
Après une bataille qui dura près de deux heures, La Londe allait retrouver sa liberté, l’ennemi, encerclé, était mis hors d’état de nuire. Au matin du 18 août, alors que les unités Allemandes se repliaient sur les blockhaus de Mauvanne, le passage des éléments de reconnaissance du premier bataillon des Fusillés Marins et des Commandos d’Afrique, emmenés par le Capitaine Ducournau, marquaient la Libération de la ville et sonnait le glas de l’occupation allemande.
En cette journée de commémoration, François de Canson a tenu à évoquer la mémoire de François de Leusse, libérateur du château de Brégançon, qui s’est également illustré héroïquement lors
de la campagne d’Alsace, et qui fut le maire de la commune durant 24 ans.
Ainsi encore, l’évocation de Louis Bussonne dont le courage fut édifiant.
Après avoir coupé les fils de mise à feu des charges explosives du pont Maravenne, Louis Bussonne envisage d’en faire autant au pont du Pansard. Les allemands, dissimulés à proximité, le découvraient, le rattrapent et lui faisaient traverser le village mains sur la tête. A quelqu’un qui l’interrogeait au passage, Louis Bussonne répondait : « Je ne sais pas ce qu’ils vont me faire, ni même où ils m’emmènent ».
Il était exécuté, quelques instants plus tard, de plusieurs balles dans la tête par le chef des gendarmes de la Kommandantur.
Enfin, également, l’évocation de Joseph Spada, jeune londais, engagé dans le bataillon des commandos d’Afrique et qui sera tué lors de l’assaut du fort Salberg dans le territoire de Belfort.
Et aussi, la mémoire de ces quinze jeunes londais qui se sont engagés dans les troupes de la Libération pour poursuivre le combat jusque dans l’Est de la France.
Au total, plus de 94 000 soldats et 11 000 véhicules ont été débarqués le premier jour, puis, dès septembre, près de 400 000 hommes ont débarqué sur le sol de la région Provence-Alpes-Côte-d’Azur.
Ce coup de force héroïque a fait entrer dans l’histoire des hommes de légende, dont le courage exceptionnel et une témérité hors du commun suscitent l’admiration.
Certains d’entre eux, présents aujourd’hui parmi nous, à l’image de Pierre Velsch, rescapé des Commandos d’Afrique, sont venus témoigner fidèlement leur mémoire aux camarades tombés au combat.

Photos Gilles CARVOYEUR (PRESSE AGENCE – LA GAZETTE DU VAR)